Minembwe, Sud-Kivu – La Mahoro Peace Association (MPA) a réagi avec fermeté à la déclaration du porte-parole du gouvernement congolais, Patrick Muyaya, qui a nié l’existence d’attaques en cours contre les civils Banyamulenge dans la région de Minembwe. Dans un communiqué rendu public, l’organisation affirme répondre directement à ces propos, qu’elle qualifie de « faux, cyniques et profondément offensants ».
Selon la MPA, cette prise de position constitue une négation des souffrances vécues par les populations civiles ciblées depuis plusieurs années. L’organisation indique documenter, depuis plus de sept ans, des violences récurrentes contre les communautés Banyamulenge, incluant des massacres, des frappes de drones, la destruction de villages et des déplacements forcés. Elle soutient que ces faits reposent sur des témoignages concordants et des preuves recueillies sur le terrain.
Dans sa réponse, la MPA met en cause une coalition d’acteurs impliqués dans ces violences, citant notamment les forces gouvernementales de la République démocratique du Congo, des forces burundaises, ainsi que des groupes armés alliés tels que les FDLR et les Wazalendo. Elle considère que le rejet de ces accusations par les autorités congolaises relève d’une tentative de détourner l’attention de la réalité sur le terrain.
L’organisation dénonce ce qu’elle décrit comme une stratégie de transfert de responsabilité, consistant à attribuer les violences à d’autres acteurs afin d’échapper à toute mise en cause. Elle estime que ce type de discours ne fait qu’aggraver la souffrance des victimes et compromettre les efforts visant à établir la vérité.
Sur le terrain, la situation demeure préoccupante, selon la MPA, qui évoque des villages détruits, des civils tués et des moyens de subsistance anéantis. Elle insiste sur le fait que ces réalités ne peuvent être niées ni réécrites depuis Kinshasa.
Alors que l’attention internationale sur l’est de la RDC semble s’intensifier, la MPA appelle la communauté internationale à rejeter les récits de déni et à se tenir aux côtés des victimes. Elle souligne que la vérité et la responsabilité doivent prévaloir pour mettre fin à l’impunité et répondre aux souffrances des populations affectées.





