C’est finalement dans le cadre feutré de Montreux, et non de Genève, que s’est ouvert le neuvième cycle de discussions entre le gouvernement de la République démocratique du Congo et la coalition AFC/M23.
Ce changement de localisation, en apparence secondaire, illustre en réalité la flexibilité voire l’instabilité d’un processus diplomatique encore en construction. Si les formats évoluent en fonction des contraintes, le fond, lui, peine toujours à se consolider.
Sous la médiation conjointe du représentant de l’État du Qatar et de Massad Boulos, les premiers échanges ont rapidement mis en lumière la persistance de profondes divergences. Loin d’un démarrage consensuel, les discussions ont buté sur des désaccords procéduraux, notamment autour de l’ordre du jour et de la validation des participants. Un signal fort que les tensions ne concernent pas uniquement les enjeux politiques, mais également les règles mêmes du dialogue.
Dans ce contexte, la diplomatie apparaît moins comme un espace d’entente que comme un terrain de confrontation structurée, où chaque détail procédural devient l’expression d’un rapport de force sous-jacent.
Au-delà de ces frictions initiales, les parties ont réexaminé l’état d’avancement des engagements antérieurs, notamment deux protocoles clés encore en suspens : celui relatif au cessez-le-feu et celui concernant la libération des prisonniers. Leur mise en œuvre partielle continue d’alimenter une méfiance mutuelle, fragilisant davantage la crédibilité du processus.
Les médiateurs s’emploient désormais à arracher un nouveau protocole susceptible de relancer la dynamique, en intégrant des priorités jugées essentielles, au premier rang desquelles l’accès humanitaire. Dans cette optique, la question de la réouverture des infrastructures stratégiques notamment les aéroports de Goma et de Bukavu s’impose progressivement comme un enjeu central, à la croisée des impératifs logistiques et des considérations politiques.
Ainsi, au cœur de ces négociations, se dessine une équation complexe mêlant souveraineté, sécurité et urgence humanitaire. Si le cadre suisse offre un environnement propice à la médiation, il ne garantit en rien une convergence des positions. Le véritable défi réside désormais dans la capacité des parties à transformer des engagements fragmentés en une architecture politique cohérente et durable seule véritable mesure du succès de ces pourparlers.




