Dans un communiqué publié le 5 mai 2026, les membres fondateurs du mouvement « Sauvons le Congo » ont exprimé une vive protestation contre les sanctions imposées par les États-Unis au Président honoraire de la République démocratique du Congo, Joseph Kabila Kabange.
Le mouvement qualifie cette décision américaine d’« arbitraire », estimant qu’elle repose sur « des allégations non étayées, des accusations sans preuves et des rumeurs dénuées de fondement ». À travers cette prise de position, les signataires ne se limitent pas à contester une mesure diplomatique ; ils remettent également en cause la crédibilité morale et politique de la démarche américaine.
Selon eux, cette sanction relèverait davantage d’une logique idéologique et politique que d’une véritable exigence de justice. Le communiqué accuse ainsi l’administration américaine d’avoir adopté « un narratif fallacieux d’un gouvernement illégitime et corrompu », reprenant, selon le mouvement, les discours produits par un pouvoir contesté à Kinshasa.
Les auteurs du texte considèrent que cette posture traduit un abandon de toute neutralité diplomatique et risque d’accentuer les déséquilibres dans la gestion de la crise congolaise. Ils dénoncent une approche internationale qu’ils jugent partiale et déconnectée des réalités complexes de la RDC.
Dans leur argumentaire, les membres de « Sauvons le Congo » mettent également en avant le bilan politique de Joseph Kabila. Ils rappellent que l’ancien chef de l’État « a réunifié le pays, organisé les premières élections crédibles et respecté la limitation constitutionnelle des mandats », permettant ainsi « la première alternance politique pacifique de l’histoire de la RDC ».
À travers cette relecture historique, le mouvement cherche à repositionner Joseph Kabila comme un acteur majeur de la stabilité institutionnelle congolaise, en opposition à l’image véhiculée par les sanctions américaines.
Le communiqué va plus loin en dénonçant ce qu’il considère comme une contradiction profonde dans la politique étrangère des États-Unis. Le mouvement s’interroge sur le fait qu’un pays se présentant comme défenseur des droits humains puisse, selon lui, soutenir un régime accusé de « pillages, arrestations arbitraires, enlèvements d’opposants, détentions sans procès et condamnations à mort ».
Cette critique s’inscrit dans une remise en question plus large des « standards à géométrie variable » appliqués par certaines puissances occidentales dans leur gestion des crises internationales.
Le mouvement accuse également le pouvoir actuel de Kinshasa de bloquer le dialogue politique, de freiner les processus de négociation et d’entretenir des alliances controversées, notamment avec les FDLR. Pour les signataires, la crise congolaise ne peut être réduite à une lecture simpliste désignant un seul responsable.
Selon eux, les sanctions visant Joseph Kabila risquent au contraire d’aggraver les tensions politiques et de fragiliser davantage le rôle de médiateur que les États-Unis prétendent jouer dans le conflit congolais.
Le communiqué conclut que cette décision américaine « ne contribue pas à résoudre les crises profondes et récurrentes en RDC » et compromet sérieusement la crédibilité diplomatique de Washington dans la région.
Au-delà du cas spécifique de Joseph Kabila, cette controverse relance ainsi le débat sur la légitimité des interventions internationales dans des contextes nationaux complexes, où les équilibres entre justice, diplomatie et réalités géopolitiques demeurent particulièrement fragiles.




