La journée du 08 mars 2026 a été marquée par une recrudescence des affrontements dans l’est de la République démocratique du Congo, notamment dans les provinces du Sud-Kivu et du Nord-Kivu, où les forces armées congolaises (FARDC) et leurs alliés ont affronté les combattants du MRDP-Twirwaneho et de l’AFC/M23.
Selon des informations recueillies auprès d’habitants et de sources locales de sécurité, les combats ont été signalés dans plusieurs zones, notamment Kalingi et Mikenke dans les hauts plateaux de Mulenge, ainsi que dans les environs du parc national des Virunga près de la ville de Goma.
Violents affrontements dans les hauts plateaux de Mulenge
Dans la province du Sud-Kivu, des sources locales indiquent que de violents combats ont éclaté dimanche dans la localité de Kalingi, située à quelques kilomètres de Minembwe, dans le territoire de Mwenga.
Les affrontements ont opposé les FARDC, appuyées par des soldats burundais, des combattants Wazalendo, des éléments des FDLR, des mercenaires ainsi que des Imbonerakure burundais, aux combattants du MRDP-Twirwaneho soutenus par le M23.
D’après plusieurs témoignages, la coalition des forces pro-gouvernementales aurait lancé une offensive à partir des zones de Mutunda et Bicumbi, avec pour objectif d’attaquer des positions du MRDP-Twirwaneho et certaines localités habitées par des populations banyamulenge.
Cependant, des habitants affirment que les forces du MRDP-Twirwaneho appuyées par le M23 ont rapidement riposté, repoussant les forces gouvernementales après des affrontements intenses.
Des sources locales indiquent que les troupes engagées dans l’offensive auraient subi des pertes importantes, abandonnant sur le champ de bataille des armes, des munitions et divers équipements militaires lors de leur retrait.
Nouveaux combats signalés à Mikenke
Le même jour, d’autres affrontements ont été signalés dans la localité de Mikenke, également située dans le territoire de Mwenga.
Selon des sources locales, les combats ont été particulièrement intenses dans l’après-midi, avec l’utilisation de différentes armes par les deux camps.
Un habitant ayant suivi les événements a déclaré :
« À Mikenke, les combats ont été très violents, mais les FARDC et leurs alliés ont été repoussés par les forces du MRDP-Twirwaneho appuyées par le M23. »
Les informations disponibles indiquent que le MRDP-Twirwaneho et le M23 contrôlent actuellement une grande partie de Mikenke, tandis que les FARDC et leurs alliés maintiennent leur présence principalement dans le centre de la localité.
Ces combats font suite à d’autres affrontements survenus plus tôt dans la journée à Kalingi, ainsi qu’à des combats signalés les jours précédents dans les zones de Gakenke, Barabona et chez le chef Rutaganda, toujours dans la région de Minembwe.
Combats près de Goma malgré la trêve
Parallèlement, dans la province du Nord-Kivu, des combats ont également éclaté à proximité de la ville de Goma, malgré l’annonce récente d’une trêve dans l’est de la RDC.
Selon des habitants, les affrontements ont débuté le 7 mars 2026 dans la zone de Rugari, près de Kanombe, dans le territoire de Rutshuru, avant de s’étendre vers Mutaho, dans le territoire voisin de Nyiragongo.
Depuis la matinée du 8 mars, des habitants des quartiers nord de Goma affirment avoir entendu de fortes détonations d’armes lourdes et légères provenant de la zone du parc national des Virunga.
Des sources sécuritaires indiquent que ces combats pourraient être liés au déplacement de combattants de l’AFC/M23 qui se dirigeaient de Rutshuru vers Masisi, avant de croiser des forces des FARDC appuyées par des groupes Wazalendo et des éléments des FDLR.
Selon certaines sources locales, les affrontements se seraient soldés par un repli des forces gouvernementales face aux combattants de l’AFC/M23.
Ces combats ont également perturbé la circulation sur la route stratégique reliant Goma à Rutshuru, un axe essentiel pour les échanges commerciaux et l’approvisionnement de la ville de Goma.
Une situation sécuritaire toujours fragile
Les hauts plateaux de Minembwe et Mulenge restent depuis plusieurs années le théâtre de tensions et d’affrontements impliquant plusieurs groupes armés.
Le mouvement MRDP-Twirwaneho affirme lutter pour la protection des communautés banyamulenge vivant dans cette région, tandis que les autorités congolaises et plusieurs groupes armés locaux poursuivent leurs opérations contre ce mouvement.
De son côté, le M23, actif dans les conflits de l’est de la RDC depuis 2012 et de nouveau engagé dans les combats depuis 2021, continue d’exercer son influence dans plusieurs zones du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.
La poursuite des affrontements dans différentes zones de l’est du pays provoque de nouveaux déplacements de populations, de nombreux habitants fuyant leurs villages pour chercher refuge dans les collines environnantes.
Les analystes estiment que tant que plusieurs groupes armés continueront d’opérer dans la région, la stabilité sécuritaire de l’est de la RDC restera fragile, exposant les populations civiles à des risques permanents.









