La situation sécuritaire dans les hauts plateaux du Sud-Kivu demeure extrêmement préoccupante pour la communauté banyamulenge. Dans un entretien exclusif accordé à Afrovera.com, CEO-Officer Jean De Dieu, Ambassadeur de la paix des Banyamulenge en Australie, a longuement évoqué les souffrances que traverse actuellement cette population, affirmant que les habitants vivent sous une menace permanente marquée par des attaques armées et des bombardements de drones.
Selon lui, la réalité vécue aujourd’hui par les Banyamulenge dépasse largement ce que l’on peut percevoir à travers les informations fragmentaires qui circulent à l’étranger. Il explique que dans plusieurs localités des hauts plateaux, les populations civiles vivent dans la peur constante, certaines ayant déjà été contraintes d’abandonner leurs villages.
« La population banyamulenge traverse l’une des périodes les plus difficiles de son histoire récente. Les gens vivent dans la peur permanente. Des familles entières ont été forcées de fuir leurs maisons pour échapper aux bombardements et aux attaques armées », a déclaré CEO-Officer Jean De Dieu lors de cet entretien.
Au cours de la conversation, l’Ambassadeur de paix a particulièrement insisté sur l’utilisation de drones dans les opérations militaires qui touchent les zones habitées par des Banyamulenge. Selon lui, ces frappes ont provoqué la destruction de plusieurs habitations et ont plongé les populations civiles dans un climat d’insécurité extrême.
« Les drones qui survolent nos villages ne visent pas seulement des positions militaires. Ce sont des zones habitées par des civils qui sont touchées. Des enfants, des femmes et des personnes âgées vivent chaque jour avec la peur d’être bombardés », a-t-il affirmé.
CEO-Officer Jean De Dieu accuse les autorités de Kinshasa ainsi que certaines forces étrangères, notamment venues du Burundi et de la Tanzanie, de participer aux opérations militaires dans les hauts plateaux du Sud-Kivu. Selon lui, ces forces mèneraient des attaques en collaboration avec certaines milices locales.
« Nous assistons à une coalition de forces qui ciblent directement nos communautés. Ce qui se passe aujourd’hui n’est pas seulement un conflit armé ordinaire, mais une série d’attaques qui mettent en danger l’existence même de notre peuple dans cette région », a-t-il expliqué.
Dans cet entretien, CEO-Officer Jean De Dieu a également décrit la grave crise humanitaire qui frappe actuellement les Banyamulenge. De nombreuses familles déplacées vivent dans des conditions extrêmement difficiles, souvent sans accès à la nourriture, aux soins médicaux ou à une assistance humanitaire adéquate.
« Les gens vivent cachés dans les forêts ou dans des abris improvisés. Beaucoup d’enfants ne vont plus à l’école. Les familles manquent de nourriture et de médicaments. La situation humanitaire est très grave », a-t-il souligné.
Des témoignages provenant d’autres zones de l’est de la République démocratique du Congo évoquent également des frappes de drones et des combats intenses ayant provoqué des déplacements massifs de population et une détérioration rapide de la situation humanitaire dans plusieurs localités.
Mais pour CEO-Officer Jean De Dieu, l’un des aspects les plus inquiétants de cette crise reste le silence de la communauté internationale face aux souffrances des Banyamulenge. Selon lui, cette absence de réaction renforce le sentiment d’abandon ressenti par les populations touchées.
« Nous avons l’impression que le monde reste silencieux pendant que notre peuple souffre. Pourtant, ce qui se passe dans les hauts plateaux du Sud-Kivu devrait inquiéter toute la communauté internationale », a-t-il déclaré.
Au cours de l’entretien, il a lancé un appel direct aux organisations internationales, aux gouvernements et aux institutions de défense des droits humains afin qu’ils prennent des mesures concrètes pour protéger les populations civiles.
« La communauté internationale ne doit pas rester spectatrice. Il est nécessaire d’ouvrir des enquêtes indépendantes sur les attaques contre les civils et de garantir la protection des populations innocentes », a insisté CEO-Officer Jean De Dieu.
Il a également appelé à une mobilisation urgente des organisations humanitaires pour venir en aide aux familles déplacées qui vivent actuellement dans des conditions extrêmement précaires dans les montagnes du Sud-Kivu.
« Nos populations ont besoin d’aide humanitaire, de protection et surtout de justice. Les Banyamulenge ne demandent qu’à vivre en paix sur leurs terres », a-t-il conclu.
À travers cet entretien avec Afrovera.com, CEO-Officer Jean De Dieu affirme vouloir porter la voix d’une communauté qui, selon lui, reste largement ignorée dans les débats internationaux sur la crise dans l’est de la République démocratique du Congo. Pour l’Ambassadeur de paix des Banyamulenge en Australie, la reconnaissance de la souffrance des civils et l’intervention de la communauté internationale demeurent essentielles pour éviter que la situation ne continue de s’aggraver.




