La Mahoro Peace Association (MPA), accompagnée de son leadership féminin, a participé lundi à un briefing au Congrès américain consacré aux Accords de Washington et à la crise persistante en République démocratique du Congo (RDC).
Malgré des conditions météorologiques défavorables à Washington, D.C., ayant empêché la présence de plusieurs membres du Congrès, la session s’est tenue avec des interventions d’organisations reconnues telles que la Panzi Foundation, Amnesty International et l’activiste congolaise Justine Masika.
Si la MPA salue les initiatives visant à attirer l’attention internationale sur la situation en RDC, elle exprime néanmoins de sérieuses préoccupations quant à la nature des témoignages présentés. Selon l’organisation, plusieurs interventions se sont appuyées principalement sur des sources secondaires ou tertiaires, ce qui aurait conduit à une représentation partielle des réalités sur le terrain. Cette approche aurait favorisé une lecture unilatérale du conflit, omettant notamment les violences graves subies par certaines communautés minoritaires.
La MPA met en avant les exactions visant les Tutsi-Banyamulenge, qu’elle attribue à une coalition composée des Forces armées de la RDC (FARDC), de milices dites Wazalendo, des FDLR ainsi que de forces burundaises opérant dans les provinces du Nord et du Sud-Kivu. Elle estime que ces violences, pourtant récurrentes, n’ont pas été suffisamment prises en compte dans les échanges.
L’organisation attire également l’attention sur la situation dans la province de l’Ituri, où les communautés Hema continuent de subir des attaques attribuées à la milice CODECO et au groupe armé ADF. Selon la MPA, ces violences, bien documentées, ont reçu peu d’attention lors du briefing, contribuant à une perception incomplète de la crise sécuritaire globale en RDC.
Dans cette perspective, la MPA s’inquiète du risque qu’une telle présentation fragmentaire des faits puisse induire en erreur les décideurs américains. Une compréhension partielle de la situation pourrait influencer des orientations politiques ne prenant pas en compte l’ensemble des dynamiques du conflit ni les besoins de toutes les populations affectées.
L’organisation insiste sur le fait que l’absence de certaines voix, en particulier celles des minorités historiquement marginalisées, compromet l’équilibre et la crédibilité des discussions. Elle souligne que des groupes comme les Banyamulenge font face depuis plusieurs décennies à une marginalisation structurelle, étant souvent perçus comme étrangers dans leur propre pays et, dans certains cas, placés dans une situation proche de l’apatridie. Selon la MPA, cette exclusion constitue un facteur clé dans la persistance des violences.
Dans ce contexte, l’organisation plaide pour une approche plus inclusive des audiences au Congrès, estimant qu’un processus crédible doit permettre aux communautés directement affectées de s’exprimer elles-mêmes afin de garantir une compréhension fidèle de leurs réalités.
La MPA indique avoir formellement sollicité l’opportunité de témoigner devant le Congrès américain, avec l’objectif de présenter une analyse fondée sur des éléments vérifiables et incluant les voix souvent marginalisées, en particulier celles des femmes et des enfants Banyamulenge.
Elle réaffirme enfin son engagement en faveur de la vérité, de la responsabilité et d’une paix inclusive en RDC, estimant que toute initiative internationale crédible doit intégrer l’ensemble des récits et reconnaître toutes les victimes sans distinction.




