Dans une déclaration au ton particulièrement alarmant, Bertrand Bisimwa, coordonnateur adjoint de l’AFC/M23, a détaillé les contours de la stratégie de riposte du mouvement face à l’intensification des frappes de drones et à l’augmentation des pertes civiles.
Selon lui, les autorités de Kinshasa ont clairement opté pour une logique de confrontation armée, reléguant au second plan les engagements pris dans le cadre des discussions de Doha. Une posture qui, à ses yeux, traduit une rupture manifeste avec les efforts diplomatiques engagés, désormais perçus comme de simples déclarations sans portée concrète.
Cette orientation marque, selon le responsable du mouvement, un basculement stratégique préoccupant : la guerre n’est plus une hypothèse, mais une réalité assumée. Une évolution qui fait peser des risques majeurs sur la stabilité, non seulement de la République démocratique du Congo, mais aussi de l’ensemble de la région des Grands Lacs.
Face à ce qu’il qualifie de « provocations », Bertrand Bisimwa affirme que la riposte sera menée avec une rigueur méthodique, visant à la fois la protection des populations civiles et la sécurisation des positions sous contrôle du mouvement. Une posture qui se veut à la fois défensive et dissuasive, traduisant une volonté affirmée de contenir les offensives attribuées aux forces de Kinshasa.
Cependant, derrière cette ligne de fermeté, se dessine une inquiétude plus profonde : celle d’une escalade difficilement maîtrisable. La multiplication des frappes et des contre-attaques pourrait, à terme, transformer des affrontements localisés en une dynamique de déstabilisation généralisée, avec un coût humain et matériel potentiellement exponentiel.
Dans ce contexte, chaque opération militaire contribue à aggraver la vulnérabilité des populations civiles, déjà fortement exposées. L’Est de la RDC apparaît ainsi de plus en plus comme un théâtre où la violence tend à se systématiser, rendant toute projection sur l’évolution du conflit particulièrement incertaine.
La fragilité des engagements diplomatiques, confrontée à la réalité brutale du terrain, met en lumière les limites actuelles des mécanismes de désescalade. À mesure que les tensions s’intensifient, le spectre d’une instabilité durable dans la région se précise.
L’heure est critique : loin d’être contenu, le conflit semble désormais engagé dans une phase susceptible de redéfinir en profondeur les équilibres sécuritaires en République démocratique du Congo.



