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RDC : des frappes de drones à Goma font plusieurs morts, l’AFC/M23 accuse Kinshasa de viser des civils et ses dirigeants

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Une nouvelle escalade de tensions est signalée dans l’est de la République démocratique du Congo après une série d’attaques aux drones survenues à Goma et dans plusieurs zones du Nord-Kivu. Dans un communiqué publié le 11 mars 2026, l’Alliance Fleuve Congo / Mouvement du 23 mars (AFC/M23) accuse le gouvernement de Kinshasa d’avoir mené des frappes ciblant des zones civiles ainsi que des responsables politiques et militaires du mouvement.

Selon cette communication officielle, les attaques ont débuté aux premières heures du mercredi 11 mars, vers 4 heures du matin, lorsque des engins décrits comme des drones de combat auraient frappé des résidences civiles situées dans le quartier Himbi, dans la ville de Goma. Le mouvement affirme que ces frappes ont causé plusieurs victimes, dont des civils et des ressortissants étrangers installés dans la région.

Le bilan provisoire évoque au moins trois morts et plusieurs blessés. Parmi les victimes figure notamment Carine Buisset, fonctionnaire internationale de l’UNICEF de nationalité française. Le communiqué affirme également qu’un projectile aurait touché la résidence privée d’un ressortissant belge identifié comme Pascal, responsable de la société Toyota à Goma.

L’AFC/M23 estime que ces frappes n’avaient aucun objectif militaire et visaient principalement des populations civiles vivant dans les zones qu’il qualifie de « territoire libéré ». Le mouvement affirme que ces attaques s’inscrivent dans une série d’opérations similaires menées ces derniers mois dans différentes localités du Nord-Kivu.

Selon le document, la cité de Mushaki, dans le territoire de Masisi, aurait subi le même type de bombardements par drones le 7 mars 2026. Le mouvement affirme que ces frappes auraient causé la mort de nombreux civils et provoqué d’importants déplacements de population.

Le communiqué évoque également des bombardements antérieurs survenus le 2 janvier 2026 au marché central de Masisi-Centre, ainsi que dans des habitations civiles et des bureaux d’organisations humanitaires. L’AFC/M23 affirme que ces attaques auraient fait plus d’une centaine de morts et plusieurs dizaines de blessés.

Dans la nuit du 23 au 24 février, d’autres bombardements auraient frappé la région de Rubaya, entraînant la mort du lieutenant-colonel Willy Ngoma, présenté comme porte-parole militaire de l’AFC/M23.

Au-delà de ces incidents, le mouvement accuse également les autorités de Kinshasa de mener une stratégie visant à cibler directement ses dirigeants politiques et militaires. Selon le communiqué, les frappes récentes auraient visé le coordinateur politique de l’AFC/M23, Corneille Nangaa, ainsi que le coordinateur militaire, le général Sultani Makenga, et leurs adjoints Bertrand Bisimwa et Freddy Kaniki.

L’organisation affirme que ces attaques s’inscrivent dans une campagne plus large destinée à affaiblir son leadership et l’opposition politique dans les zones sous son contrôle.

L’AFC/M23 accuse par ailleurs le gouvernement congolais d’avoir lancé, depuis le 8 mars 2026, une campagne de déstabilisation visant à semer la panique parmi les habitants de Goma et des territoires environnants. Selon le mouvement, des messages diffusés sur les réseaux sociaux auraient encouragé les populations à quitter la ville, laissant craindre une offensive militaire imminente menée par une coalition composée des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), des FDLR, des groupes Wazalendo, de la FNDB et de mercenaires.

Face à cette situation, l’Armée révolutionnaire congolaise (ARC), branche militaire de l’AFC/M23, affirme qu’elle continuera à assurer la protection des populations vivant dans les zones sous son contrôle. Le mouvement estime que toute escalade militaire supplémentaire relèvera de la responsabilité du gouvernement du président Félix Tshisekedi.

Dans sa déclaration, l’AFC/M23 appelle également les médiateurs internationaux et la communauté internationale à « tirer toutes les conséquences » de ces événements. Le mouvement affirme que ces attaques constituent une violation grave des accords de cessez-le-feu et des engagements de paix conclus entre Kinshasa et l’AFC/M23.

Selon le communiqué, ces développements interviennent alors que plusieurs initiatives diplomatiques sont en cours, notamment les efforts de médiation menés à Doha et à Washington, avec l’implication du Qatar, des États-Unis, de l’Union africaine et de la présidence angolaise.

Le mouvement conclut en affirmant que la poursuite des bombardements contre des zones résidentielles compromet les efforts de paix en cours et aggrave la crise sécuritaire et humanitaire dans l’est de la République démocratique du Congo.

Les affrontements et les tensions continuent de susciter de vives inquiétudes parmi les populations civiles, déjà confrontées depuis plusieurs années à une instabilité chronique dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.

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