Des frappes menées lundi par des drones militaires de l’armée congolaise ont ciblé la zone de Minembwe-centre, dans l’est de la République démocratique du Congo, provoquant la fuite de nombreux habitants, selon la société civile locale.
D’après les informations rapportées à BBC Gahuzamiryango, des drones armés ainsi que des drones kamikazes – des appareils qui explosent au moment de l’impact – ont largué plusieurs bombes sur ce centre situé dans le territoire de Fizi, dans la province du Sud-Kivu, depuis la matinée de lundi.
Sebagabo Mufashi, président de la société civile de Minembwe, a indiqué dans un message écrit que ces frappes ont semé la panique parmi la population civile, poussant de nombreux habitants à abandonner leurs maisons pour chercher refuge ailleurs.
Ces bombardements interviennent après plusieurs jours d’accalmie dans cette région contrôlée par les combattants Twirwaneho, alliés au mouvement AFC/M23, à la suite de violents affrontements survenus à la fin du mois dernier.
De son côté, Lawrence Kanyuka, porte-parole de l’AFC/M23, a dénoncé des frappes « aveugles visant délibérément des civils », affirmant qu’elles ont causé des morts et de nombreux déplacements de population.
Contactées par BBC pour réagir à ces accusations concernant les frappes de lundi à Minembwe-centre, les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) n’avaient pas encore répondu au moment de la publication.
Cependant, l’armée congolaise a précédemment rejeté toute accusation de bombardement contre des civils. Elle affirme mener des opérations militaires dans cette zone contre les combattants de Twirwaneho, dans le but de les déloger de Minembwe, une localité qu’ils contrôlent depuis le début de l’année 2025.
Selon la société civile, l’une des frappes a touché le bâtiment abritant la Radio Communautaire Tuungane. Parmi les blessés figure notamment un enfant de 11 ans.
Par ailleurs, l’organisation ACLED, spécialisée dans la collecte et l’analyse des données sur les conflits armés, indique qu’au cours du mois dernier, le nombre de frappes aériennes enregistrées en RDC a atteint un niveau sans précédent.
Le portail d’information du Bureau des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA) rapporte également que les FARDC ont intensifié leurs opérations aériennes dans les territoires de Mwenga et Fizi au Sud-Kivu, ainsi que dans celui de Masisi, au Nord-Kivu.
Selon cette source, l’armée congolaise utilise notamment des drones CH-4 de fabrication chinoise et des drones TAI Anka de fabrication turque, ainsi que des avions de combat et des hélicoptères pour mener ses frappes.
De son côté, le M23 affirme avoir mené le mois dernier des attaques à l’aide de drones kamikazes contre l’aéroport de Kisangani, qu’il accuse d’être utilisé comme base de préparation pour les opérations aériennes des FARDC.
Sur le plan diplomatique, l’Union africaine avait, au début de l’année, intensifié ses efforts pour favoriser un règlement pacifique entre Kinshasa et le M23. Toutefois, ces dernières semaines, les progrès semblent ralentir.
Les discussions de Doha, destinées à relancer le dialogue entre les parties, restent pour l’instant suspendues et pourraient tarder à reprendre en raison des tensions persistantes au Moyen-Orient.
Entre-temps, lors d’un sommet tenu le week-end dernier, les chefs d’État de la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC) ont appelé les parties belligérantes dans l’est de la RDC à « cesser immédiatement les hostilités et à respecter les accords de cessez-le-feu ».




