Le Président de l’Angola et Président en exercice de l’Union africaine (UA),João Lourenço, a appelé le gouvernement de la République démocratique du Congo(RDC) à engager sans délai un dialogue de paix inclusif entre Congolais, soulignant qu’il s’agit de la seule voie durable pour résoudre les défis persistants liés à la sécurité et à la cohésion nationale qui secouent le pays.
Au début du mois de décembre 2025, le Président Lourenço a reçu à trois reprises son homologue congolais, Félix Tshisekedi . Leurs échanges approfondis ont porté sur les opportunités et les obstacles à une solution durable à la crise sécuritaire, en particulier dans l’est de la RDC. Ces consultations ont abouti à la conclusion que le dialogue intercongolais, fondé sur la réconciliation et le consensus national, constitue le socle le plus solide pour instaurer une paix durable, en s’attaquant aux causes profondes du conflit.
Cette orientation a également été confirmée après le refus du Président Lourenço d’accéder à la demande de Félix Tshisekedi sollicitant un appui militaire angolais contre la coalition AFC/M23 , qui contrôle plusieurs zones de l’est du pays. L’Angola a ainsi privilégié la voie diplomatique et le dialogue politique plutôt qu’une escalade militaire.
Au début du mois de janvier 2026, le Président Lourenço a lancé les préparatifs du dialogue intercongolais, en consultant différentes parties appelées à y prendre part, notamment l’opposition politique congolaise, les responsables religieux et confessionnels, ainsi que les représentants de la société civile. Cette démarche illustre la volonté de l’Angola de rassembler des voix diverses afin de parvenir à une solution inclusive et durable.
Le 23 janvier 2026, le Président Lourenço a reçu à Luanda les diplomates accrédités en Angola, auxquels il a présenté un aperçu de la situation générale de son pays, les progrès réalisés au cours de l’année écoulée, ainsi que le rôle actif que l’Angola continue de jouer dans les efforts de paix et de stabilité régionale.
Il s’est félicité de la signature de l’accord de paix et de coopération économique entre le Rwanda et la RDC, intervenue le 4 décembre 2025, estimant que cet accord ouvre de nouvelles perspectives pour une paix durable dans la région des Grands Lacs. Il a toutefois insisté sur la nécessité de l’accompagner de mesures concrètes mises en œuvre par toutes les parties concernées.
Le Président Lourenço a également souligné que le cessez-le-feu conclu à Doha , au Qatar , entre le gouvernement congolais et l’AFC/M23 doit être strictement respecté, le qualifiant d’étape cruciale pour instaurer un climat favorable au dialogue politique. Il a déclaré :
« Le cessez-le-feu conclu à Doha entre le gouvernement de la RDC et le M23 doit être pleinement respecté. Nous appelons le gouvernement congolais, la société civile et toutes les parties prenantes à s’engager sans délai dans le dialogue intercongolais. »
Le gouvernement angolais a par ailleurs exprimé son souhait de voir l’AFC/M23 participer au dialogue intercongolais. Toutefois, cette coalition a demandé des clarifications au Président Lourenço afin de s’assurer que ce processus ne remette pas en cause les acquis des discussions de Doha, ni le rôle que le Qatar continuera de jouer dans cette dynamique de paix.
Dans l’ensemble, ces positions de l’Angola mettent en lumière le rôle central que joue ce pays dans la facilitation du dialogue entre Congolais et dans la recherche d’une paix durable en RDC, à travers un processus politique inclusif, fondé sur la concertation, la coopération et la prise en compte des intérêts communs de la région et du continent africain.



