Le sénateur Modeste Bahati Lukwebo a annoncé sa démission de son poste de vice-président du Sénat de la République démocratique du Congo, à la suite de fortes pressions politiques exercées après sa prise de position contre la révision de la Constitution.
Selon l’Agence congolaise de presse, qui affirme avoir consulté une copie de sa lettre de démission, l’intéressé évoque notamment « le climat politique actuel » pour justifier sa décision.
Cette démission intervient alors que le Sénat s’apprêtait à mettre en place une commission chargée d’examiner sa possible destitution.
Au début du mois, Modeste Bahati Lukwebo avait déclaré publiquement qu’il ne soutenait pas le projet de révision constitutionnelle porté par certains membres de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), parti au pouvoir dont il est lui-même issu.
Ce projet vise notamment à modifier la disposition constitutionnelle limitant le président Félix Tshisekedi à deux mandats, ouvrant ainsi la voie à une éventuelle candidature pour un troisième mandat.
À cette occasion, Bahati avait insisté sur la nécessité de « changer les mentalités avant de modifier les textes constitutionnels ».
Bien qu’il ait par la suite présenté ses excuses pour ces propos, les pressions politiques exercées par les membres de la majorité ont conduit à sa démission de ses fonctions au sein du bureau du Sénat. Il devrait toutefois conserver son siège de sénateur.
Le débat autour de la révision de la Constitution en République démocratique du Congo continue de susciter de vives tensions au sein de la classe politique et de l’opinion publique.
Les prochaines élections générales sont prévues pour décembre 2028, à l’issue du second mandat de cinq ans du président Félix Tshisekedi.



