Des combats d’une intensité accrue ont été signalés mardi dans le territoire de Masisi, dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), où la situation sécuritaire continue de se détériorer sur fond d’affrontements entre les forces gouvernementales et les rebelles de l’AFC/M23.
Selon plusieurs sources locales, des bombardements à l’artillerie lourde ont visé dès les premières heures de la matinée des zones densément peuplées situées le long de la route nationale RN5, notamment dans la plaine de la Ruzizi. La localité de Kabunambo figure parmi les zones touchées, où les frappes auraient causé des pertes humaines et provoqué des déplacements massifs de civils.
Dans un message publié sur le réseau social X, Lawrence Kanyuka, porte-parole de l’Alliance Fleuve Congo (AFC/M23), a dénoncé « une escalade d’une gravité extrême », évoquant des bombardements qui « sèment la mort et la désolation » et contraignent les populations à fuir leurs habitations.
Sur le terrain, des habitants décrivent une situation de panique généralisée. « Les civils fuient dans toutes les directions, mais il n’y a aucun endroit sûr », a confié un acteur de la société civile locale, évoquant des déplacements massifs dans plusieurs axes du territoire.
Le mouvement AFC/M23 accuse les forces de Kinshasa de mener une « campagne de terreur méthodique » visant des zones civiles, affirmant que des bombardements indiscriminés sont en cours. Le groupe rebelle dit maintenir son engagement à « défendre et protéger les populations civiles et leurs biens ».
De leur côté, les autorités congolaises n’ont pas immédiatement réagi à ces accusations. L’armée (FARDC) a, à plusieurs reprises, rejeté toute responsabilité dans des attaques ciblant des civils et accuse régulièrement le M23 d’être à l’origine des violations du cessez-le-feu.
Les affrontements opposant les FARDC, appuyées par des groupes armés locaux dits Wazalendo, au M23 se sont intensifiés ces dernières semaines, malgré les initiatives régionales visant à instaurer une trêve durable. Les deux camps s’accusent mutuellement d’être à l’origine de la reprise des hostilités.
Sur le plan humanitaire, la situation se dégrade rapidement. Les organisations locales font état d’un afflux de déplacés internes vivant dans des conditions précaires, sans accès suffisant à l’aide humanitaire, dans une région déjà fragilisée par des années de conflit.
La communauté internationale, régulièrement appelée à intervenir, est critiquée pour son manque de réaction face à l’escalade des violences. Du côté de l’AFC/M23, les appels se multiplient pour une prise de position urgente en faveur de la protection des populations civiles.
Alors que les combats se poursuivent, les perspectives de désescalade restent incertaines dans cette région stratégique du Nord-Kivu, au cœur d’un conflit complexe mêlant enjeux sécuritaires, politiques et régionaux.




