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mercredi, février 4, 2026
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RDC : Washington propose l’intégration du M23 et une coopération régionale pour mettre fin au conflit dans l’Est

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Un député américain représentant l’État du Texas au Congrès des États-Unis a estimé que l’intégration des combattants congolais du M23 dans les forces de sécurité nationales, combinée à une coopération régionale autour de l’exploitation des ressources minières de la RDC, pourrait constituer une voie de sortie au conflit qui ravage l’est du pays depuis plusieurs décennies.

S’exprimant jeudi devant la commission des affaires étrangères de la Chambre des représentants, Ronny Jackson, ancien médecin militaire américain, a tenu ces propos lors d’une audition consacrée à l’évaluation de la mise en œuvre des accords de paix de Washington, signés le mois dernier entre la République démocratique du Congo et le Rwanda.

Le président de cette commission, Chris Smith, a rappelé que « l’élément central des accords de Washington » repose sur quatre phases d’actions réciproques, conditionnées notamment par l’engagement du Rwanda à retirer ses troupes du territoire congolais, à condition que Kinshasa applique le plan convenu de démantèlement des FDLR.

Le député du New Jersey a souligné que les causes profondes du conflit continuent de s’étendre, affirmant que les FDLR et leur idéologie génocidaire demeurent la principale source d’inquiétude sécuritaire pour le Rwanda dans l’est de la RDC.

« Toutefois, aujourd’hui, nous avons des raisons de penser que certains éléments des FDLR sont sous le contrôle du M23 et du Rwanda. J’aimerais donc savoir quelles mesures sont prises par le M23 et Kigali pour désarmer ces combattants », a-t-il déclaré.

Présente pour représenter l’administration américaine, Sarah Troutman, secrétaire adjointe chargée des affaires africaines au département d’État, a reconnu que les FDLR constituent une menace sérieuse et qu’« ils ne doivent en aucun cas être autorisés à opérer dans l’est de la RDC ».

« Nous continuons d’exhorter le gouvernement congolais à démanteler les FDLR, comme il s’y est engagé dans les accords. Il s’agit d’un élément clé, et nous souhaitons voir des avancées concrètes », a-t-elle insisté.

De son côté, la députée démocrate de Californie Sara Jacobs a estimé que les deux parties n’ont pas respecté leurs engagements pris à Washington en décembre dernier.

« Le Rwanda continue, selon des informations crédibles, de soutenir le M23 par l’envoi de troupes. Les estimations les plus récentes font état de 5 000 à 7 000 soldats rwandais présents sur le sol congolais, sans même tenir compte des opérations autour d’Uvira, ce qui constitue une violation flagrante de la souveraineté de la RDC », a-t-elle déclaré.

Elle a ajouté que les forces armées congolaises, de leur côté, auraient poursuivi une collaboration avec les FDLR, en contradiction avec les accords signés.

Sara Jacobs a également rappelé que le secrétaire d’État américain Marco Rubio avait affirmé que Washington utiliserait tous les leviers à sa disposition pour faire respecter les accords. Toutefois, aucune nouvelle sanction ni mesure coercitive n’a encore été annoncée à l’encontre du Rwanda ou du M23.

« Pour moi, le Rwanda doit cesser immédiatement son soutien au M23 et se retirer du territoire congolais afin que la paix puisse enfin s’installer », a-t-elle conclu.

Pour Ronny Jackson, une paix durable dans l’est de la RDC passera aussi par une approche économique régionale, impliquant la RDC, le Rwanda, le Burundi et l’Ouganda, afin que tous bénéficient légalement de l’exploitation et du commerce des immenses ressources minières de la région.

Il a souligné l’importance que les populations congolaises tirent elles aussi des bénéfices directs, notamment à travers la construction d’infrastructures et le développement local.

« Les Congolais doivent voir des retombées concrètes provenant de leur propre sol », a-t-il affirmé.

Jackson a enfin estimé que le gouvernement congolais devrait envisager l’intégration des combattants congolais du M23 dans les forces nationales de sécurité, que ce soit au sein de l’armée ou d’autres structures étatiques.

« Il devrait exister un mécanisme clair permettant cette intégration, afin que toutes les parties aient le sentiment de tirer profit d’un processus de paix durable », a-t-il expliqué.

Sarah Troutman a confirmé que la question de l’intégration du M23 constitue un point extrêmement sensible et qu’elle figure au cœur des discussions en cours à Doha.

« C’est un sujet qui continuera d’être abordé dans les négociations à venir. Les États-Unis soutiennent fortement ces efforts et continueront d’apporter une assistance technique au fur et à mesure de l’avancement du dialogue », a-t-elle précisé.

Du côté de Kinshasa, cette option a été fermement rejetée ces derniers mois. Fin septembre, un député de la majorité présidentielle a même déposé un projet de loi visant à interdire l’intégration d’anciens membres de groupes armés dans l’armée ou les institutions publiques, tant qu’ils n’auront pas été préalablement poursuivis par la justice.

 

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