Le camp de réfugiés de Gatumba, au Burundi, est depuis longtemps un refuge pour des milliers de Congolais fuyant les conflits persistants en République démocratique du Congo (RDC). Mais ce havre, censé offrir sécurité et protection, semble aujourd’hui se transformer en lieu de peur et de désespoir pour ceux qui rêvent de regagner leur pays.
Bertrand Bisimwa, coordonnateur adjoint en charge de la politique, de la diplomatie et de la justice, tire la sonnette d’alarme : Nous recevons de nombreux témoignages de nos compatriotes au camp de Gatumba, faisant état de répressions violentes, parfois même de tueries, dont seraient victimes ceux qui envisagent de revenir en RDC. Les officiers de l’armée burundaise (FDNBBI) sont cités comme responsables.
Ces récits, recueillis auprès de familles traumatisées et de jeunes effrayés, décrivent des scènes effroyables : intimidations, arrestations arbitraires, violences physiques et menaces constantes. Pour ces réfugiés, le simple désir de retourner dans leur terre natale est devenu un acte de courage risqué.
Nous voulons rentrer chez nous, retrouver nos familles et contribuer à reconstruire notre pays, confie un jeune réfugié, la voix tremblante, la peur palpable dans ses yeux.
Mais chaque jour, nous redoutons d’être pris pour cible.
Les témoignages concordent sur un point alarmant : la responsabilité des forces burundaises dans ces exactions, une accusation qui soulève des questions cruciales sur la protection des réfugiés et le respect du droit international humanitaire. Les conventions internationales stipulent pourtant clairement que les réfugiés doivent être protégés contre toute forme de violence ou de persécution, indépendamment de leur statut.
Bertrand Bisimwa insiste sur la nécessité d’une action urgente : il est impératif que la communauté internationale, les organisations humanitaires et les gouvernements concernés agissent pour garantir la sécurité des réfugiés congolais et permettre leur retour dans des conditions dignes et sûres.
Derrière les statistiques et les rapports se cachent des vies brisées, des familles séparées et des rêves suspendus. Chaque jour que ces Congolais passent à Gatumba sous la menace, c’est un morceau de leur dignité et de leur humanité qui s’effrite.
Le monde ne peut rester silencieux face à cette détresse. Il s’agit non seulement d’une question humanitaire urgente, mais aussi d’un appel à la justice et à la responsabilité. Pour ces réfugiés, rentrer chez eux ne devrait pas être un acte de bravoure extrême, mais un droit fondamental, garanti et protégé par tous.
Source: AFC-Alliance Fleuve Congo



