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Rosa Mapendo au Kenya : « La guerre est un business » un plaidoyer fort pour la justice lors de la commémoration de Makanika

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NAIROBI, Kenya — Des membres de la communauté banyamulenge se sont réunis au Kenya le 19 février 2026 pour commémorer le premier anniversaire de la mort du général Michel Rukunda, connu sous le nom de Makanika, ainsi que celle de ses compagnons tombés à ses côtés. La cérémonie a rassemblé des leaders communautaires, des militants et des membres de la diaspora dans un climat mêlant recueillement, témoignages et appels renouvelés à l’unité.

Parmi les intervenants figurait Rosa Mapendo, militante banyamulenge des droits humains basée à Phoenix, en Arizona (États-Unis), qui avait fait le déplacement pour participer à l’événement. Se présentant comme survivante des violences de 1998 en République démocratique du Congo, elle a indiqué s’exprimer au nom de nombreux membres de la diaspora vivant aux États-Unis, ainsi que de ceux qui, à travers le monde, continuent de suivre la situation de leur communauté.

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Dans une intervention empreinte d’émotion, Rosa Mapendo a souligné que les alertes lancées depuis des années par les victimes n’ont pas été suivies d’actions concrètes. « Nous avons parlé à maintes reprises, mais les actes tardent à venir », a-t-elle déclaré, insistant sur le fait que son message s’adressait également à ceux qui ne sont pas issus de sa communauté, mais qui doivent comprendre la gravité de la crise persistante dans l’est de la RDC.

Elle a évoqué son propre parcours, affirmant avoir survécu à seize mois de captivité sous la menace constante des armes, avec ses sept enfants, alors que son mari figurait parmi des dizaines d’hommes exécutés. Enceinte à l’époque et mère d’un nourrisson de dix mois, elle a décrit une période marquée par la peur et l’incertitude. « Si je suis encore debout aujourd’hui, c’est par la grâce de Dieu. Mais je sais ce que signifie l’injustice », a-t-elle confié.

Rosa Mapendo a également relaté une intervention antérieure aux Nations Unies, où elle avait été invitée à témoigner. Elle a rappelé avoir visité un musée juif et entendu à plusieurs reprises l’engagement « Plus jamais ça », prononcé en mémoire de l’Holocauste. Elle a alors interrogé la communauté internationale sur la cohérence de cet engagement face aux violences qui continuent de frapper certaines populations en RDC.

« Est-ce que la guerre est devenue un commerce ? » a-t-elle demandé, rapportant qu’un responsable politique lui aurait répondu que les conflits sont souvent alimentés par des intérêts économiques, notamment liés aux ressources minières stratégiques de la région. Selon elle, la demande mondiale en minerais extraits du Congo alimente indirectement des dynamiques de violence. « La guerre est un business », a-t-elle affirmé, dénonçant la primauté des intérêts économiques sur les considérations humanitaires.

S’adressant aux autorités kenyanes, elle a exprimé sa reconnaissance pour l’accueil réservé aux réfugiés, tout en appelant les dirigeants à utiliser leur influence diplomatique pour plaider en faveur de la paix et de la protection des civils dans la région des Grands Lacs. « Un président peut parler à un autre président. Une action vaut plus qu’un million de mots », a-t-elle déclaré.

Elle a par ailleurs critiqué les multiples cycles de négociations internationales organisés dans différents pays, estimant que, pour les populations touchées, ces initiatives peuvent sembler éloignées des réalités du terrain.

Tout au long de son discours, Rosa Mapendo a insisté sur la nécessité de l’unité et de la résilience. Elle a présenté ses condoléances aux veuves et aux familles endeuillées, affirmant comprendre leur douleur. Elle a encouragé les femmes et les jeunes à ne pas céder au découragement. « L’unité est une force. Un peuple divisé ne peut pas tenir », a-t-elle martelé.

Figure controversée dans le contexte du conflit à l’est de la RDC, le général Michel Rukunda demeure, pour ses partisans, un symbole de résistance. Lors de cette commémoration au Kenya, l’accent a été mis moins sur les considérations militaires que sur l’héritage qu’il laisse derrière lui.

Au terme de la cérémonie, les participants ont présenté ce moment de mémoire comme un appel à la poursuite du plaidoyer. S’ils reconnaissent que les disparus ne reviendront pas, ils estiment que le souvenir impose une responsabilité : rechercher la justice, exiger des comptes et préserver l’avenir des générations à venir.

Pour beaucoup, cette première commémoration fut à la fois un temps de deuil et une affirmation d’identité  la démonstration qu’en dépit des pertes, de l’exil et des divisions, leur communauté entend continuer à faire entendre sa voix.

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