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dimanche, mars 22, 2026
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Un député expulsé des Wazalendo après avoir reconnu leur implication dans des attaques de drones à Goma

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Dans un contexte sécuritaire déjà très tendu dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), une nouvelle polémique secoue la scène politique et militaire. Le député Willy Mishiki a été officiellement écarté de ses fonctions puis expulsé du groupe VDP-Wazalendo, après avoir déclaré publiquement que son camp avait participé aux attaques de drones survenues récemment dans la ville de Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu.

Le 11 mars 2026, lors d’une interview accordée à la chaîne internationale TV5MONDE, Willy Mishiki a tenu des propos qui ont rapidement fait le tour des médias et des réseaux sociaux. Au cours de cette intervention, il a affirmé que les frappes de drones menées à Goma avaient été réalisées par les Wazalendo, une déclaration qui a immédiatement suscité de vives réactions dans les milieux politiques et sécuritaires.

À la suite de ces déclarations, la direction du mouvement VDP-Wazalendo a annoncé avoir pris la décision de le démettre de toutes ses responsabilités et de l’exclure définitivement de l’organisation. Dans un communiqué publié après une réunion extraordinaire de ses dirigeants, le mouvement accuse Mishiki d’avoir provoqué une polémique publique et d’avoir tenu des propos susceptibles d’aggraver les tensions dans un contexte sécuritaire déjà fragile.

Les responsables des Wazalendo estiment que ses déclarations ont créé de la confusion et pourraient être exploitées par leurs adversaires pour les accuser d’attaques visant des populations civiles. Selon eux, ces propos dépassent les limites de ce qu’un responsable politique ou un député devrait exprimer publiquement en période de conflit dans l’est du pays.

Le mouvement souligne également que la divulgation de telles informations pourrait avoir des conséquences importantes pour son image, alors qu’il affirme depuis longtemps agir pour défendre les populations locales et soutenir les forces armées congolaises dans leur lutte contre la coalition AFC/M23 (Alliance Fleuve Congo).

Du côté du gouvernement de Kinshasa, les autorités ont nié toute implication dans l’attaque de drone qui a frappé Goma et causé la mort de trois personnes, dont un employé de l’UNICEF. Le gouvernement congolais a annoncé l’ouverture d’une enquête afin de faire la lumière sur les circonstances exactes de cet incident.

La France a également indiqué qu’elle lancerait sa propre enquête, l’une des victimes étant un ressortissant français travaillant pour l’UNICEF.

De son côté, la coalition AFC/M23 soutient que l’attaque aurait été menée par les forces armées congolaises (FARDC) avec l’appui de leurs alliés, notamment des troupes burundaises, des combattants Wazalendo et des éléments du groupe armé FDLR.

Willy Mishiki est considéré comme une figure politique bien connue dans la province du Nord-Kivu. Depuis plusieurs années, il intervient régulièrement dans les débats publics liés à la sécurité dans l’est de la RDC et s’est souvent montré favorable aux positions défendues par les Wazalendo.

Plusieurs observateurs de la politique congolaise estiment que son exclusion pourrait relancer le débat sur le rôle exact des Wazalendo dans le conflit qui ravage l’est du pays. Ce mouvement est régulièrement accusé par certains acteurs d’être impliqué dans des attaques visant des civils, en particulier des communautés tutsies.

Certains analystes considèrent également que les déclarations de Mishiki pourraient attirer l’attention des autorités judiciaires ou des institutions de l’État, qui pourraient chercher à vérifier si ses affirmations reposent sur des faits avérés.

Alors que les combats continuent de s’intensifier dans plusieurs zones du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, les prises de parole de responsables politiques et militaires jouent un rôle de plus en plus déterminant dans la manière dont les événements sont perçus par l’opinion publique.

Pour l’instant, Willy Mishiki ne s’est pas encore exprimé publiquement sur sa destitution et son expulsion du mouvement VDP-Wazalendo. Il reste également incertain de savoir s’il contestera cette décision ou s’il choisira d’emprunter une nouvelle voie politique dans les prochains jours.

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