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mardi, février 3, 2026
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Uvira : des vidéos révèlent la persécution silencieuse des Banyamulenge malgré les démentis de Kinshasa

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À Uvira, ville du Sud-Kivu dans l’est de la République démocratique du Congo, derrière les déclarations officielles faisant état d’un retour au calme, une autre réalité, plus sombre, se dessine. Des témoignages récents et des images largement diffusées sur les réseaux sociaux mettent en lumière la détresse persistante d’une partie de la population, en particulier celle des Banyamulenge.

Ces vidéos montrent le général Fabien Dunia Kashindi, commandant de la 33ᵉ région militaire, accompagné de ses hommes, à la recherche de rares Banyamulenge restés cachés dans la ville après les vagues de déplacements forcés. On y voit l’officier s’entretenir avec des personnes âgées qui, faute d’alternative ou par attachement à leurs biens, n’avaient pas fui malgré la dégradation de la situation sécuritaire.

L’un des survivants explique que lui et son épouse n’ont dû leur salut qu’à l’intervention du chef de quartier, qui les a dissimulés durant plusieurs jours dans une pièce exiguë assimilable à une cuisine. Ils y ont vécu dans la peur permanente d’être découverts et exécutés. Leur maison, précise-t-il, a été prise pour cible par des éléments du groupe Wazalendo, pillée puis lourdement endommagée.

Dans les échanges filmés, le général Dunia promet que ces personnes devraient être réinstallées dans leur domicile, tout en reconnaissant les limites de son pouvoir. Il indique qu’une délégation venue de Kinshasa, conduite par le ministre de l’Intérieur, est attendue à Uvira pour recueillir officiellement les plaintes. En attendant, il se dit seulement en mesure de demander aux Wazalendo de quitter les lieux, sans pouvoir garantir la sécurité durable des victimes.

Ces images et ces récits viennent sérieusement contredire la version officielle des autorités congolaises, selon laquelle les Banyamulenge auraient quitté Uvira par manipulation ou sous l’influence de l’alliance AFC/M23. Les faits observés suggèrent plutôt une fuite dictée par la nécessité de sauver des vies face aux menaces, aux violences et aux exactions ciblées.

Dans l’ensemble de la région d’Uvira et dans les territoires voisins comme Fizi et Mwenga, la communauté banyamulenge fait face depuis de nombreuses années à des discriminations, à des tensions communautaires et à des violences documentées par plusieurs organisations de défense des droits humains. Ce contexte s’inscrit dans une insécurité chronique à l’est de la RDC, où milices dites d’autodéfense et forces régulières ont été à maintes reprises mises en cause pour des abus contre des civils.

L’exode des Banyamulenge apparaît ainsi non comme un acte de faiblesse, mais comme une décision de survie. Les témoignages montrent que rester à Uvira équivalait, pour beaucoup, à s’exposer à un danger mortel, certains ayant vécu cachés, privés de liberté, dans leur propre pays.

Au-delà des discours politiques, ces éléments révèlent une réalité préoccupante : Uvira est loin d’être la ville pacifiée décrite par Kinshasa. Tant que des mesures concrètes ne seront pas prises pour protéger tous les civils sans discrimination, les promesses officielles resteront sans crédibilité.

Fondé sur des images et des témoignages directs, ce dossier plaide pour l’ouverture d’une enquête indépendante et approfondie sur les événements d’Uvira, l’adoption de mécanismes efficaces de protection des populations civiles et la restauration de la confiance entre citoyens et autorités. Pour la RDC comme pour la communauté internationale, Uvira demeure un test majeur en matière de respect du droit à la vie et des droits humains dans l’est du pays.

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