Le mouvement AFC/M23 a revendiqué une attaque menée à l’aide de drones contre l’aéroport de Kisangani, dans la province de Tshopo, affirmant qu’il s’agissait d’un acte de « mise en garde » adressé aux autorités de Kinshasa.
Dans un message publié sur le réseau social X, Corneille Nangaa, chef de l’AFC/M23, a accusé le gouvernement congolais d’utiliser l’aéroport de Kisangani comme base arrière pour des opérations aériennes contre les zones contrôlées par son mouvement. Il a déclaré que « l’immunité » de cette infrastructure « appartient désormais au passé ».
De son côté, le gouvernement provincial de la Tshopo a indiqué que, dimanche, huit drones armés d’explosifs ont tenté de frapper l’aéroport international Bangoka, précisant qu’ils ont tous été interceptés et neutralisés avant d’atteindre leurs cibles.
L’AFC/M23 affirme pour sa part que ses drones ont détruit une base militaire de drones sur le site de Bangoka, présentée comme un centre de planification d’attaques contre des civils dans les territoires de Masisi, Walikale, Rutshuru, Minembwe et d’autres localités de l’est du pays.
Afrovera indique ne pas être en mesure de vérifier de manière indépendante les affirmations des deux camps.
Les autorités congolaises ont condamné une attaque visant une infrastructure civile et accusent le M23, avec le soutien du Rwanda, d’en être responsable. Des accusations également reprises par des experts des Nations unies, que Kigali continue de démentir.
Corneille Nangaa a averti que tout avion militaire congolais décollant pour bombarder les zones sous contrôle du M23 serait désormais pris pour cible « dès son point de départ ».
« L’utilisation de Kisangani comme plateforme d’opérations terroristes contre notre territoire est désormais interdite. Kisangani n’est plus une zone sanctuarisée », a-t-il écrit.
L’aéroport de Bangoka est situé à environ 17 kilomètres du centre-ville de Kisangani et à plus de 500 kilomètres des lignes de front dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.
Cette revendication marque une escalade notable, le M23 affichant une capacité militaire — notamment l’usage offensif de drones à longue distance — encore jamais démontrée à ce stade du conflit. Le mouvement affirme avoir saisi du matériel militaire sophistiqué, y compris des drones, lors de la prise de Goma et de Bukavu, soutenant que cette capacité n’est plus l’apanage exclusif de l’État congolais.
Ces attaques sont intervenues alors que des délégations de Kinshasa et de l’AFC/M23 se retrouvaient à Doha, au Qatar, pour des discussions visant à mettre en œuvre un mécanisme de suivi du cessez-le-feu sous l’égide internationale. L’AFC/M23 accuse néanmoins l’armée congolaise d’avoir repris des frappes terrestres et aériennes, notamment avec des avions Sukhoï et des drones, dans la région de Minembwe après le retrait de ses combattants d’Uvira.
« Le principe de la légitime défense préventive est désormais appliqué : toute menace sera neutralisée avant d’atteindre notre territoire, là où elle est préparée », a déclaré Nangaa, ajoutant : « Si Félix Tshisekedi veut le dialogue, nous sommes prêts. S’il choisit la guerre, qu’il en assume les conséquences. »
Le porte-parole du gouvernement provincial de la Tshopo a qualifié l’attaque de Bangoka d’« acte de provocation » visant à saboter les efforts diplomatiques en cours, évoquant notamment les initiatives de paix internationales. Les autorités ont par ailleurs appelé les populations riveraines de l’aéroport, déplacées par crainte des attaques, à regagner leurs domiciles, assurant que la situation sécuritaire a été rétablie.



