Mahoro Peace Association a fermement condamné la poursuite des attaques systématiques de drones visant des civils dans la région de Minembwe, à l’est de la République démocratique du Congo, à travers un message publié sur son compte officiel Twitter. L’organisation décrit ces frappes comme une campagne délibérée de violence contre des populations sans défense.
Dans la soirée du lundi 23 mars 2026, un drame particulièrement choquant s’est produit dans la localité d’Ilundu. Adrien Rudaga, âgé de 95 ans, a été tué à l’intérieur même de son domicile. Sans arme et vulnérable, il vivait ses dernières années dans le calme lorsqu’il a été frappé par cette attaque. Sa mort est présentée comme un symbole poignant de la brutalité qui s’abat actuellement sur la région.

Selon Mahoro Peace Association, ces frappes seraient menées par les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), sous l’autorité du président Félix Tshisekedi, en coordination directe avec les forces burundaises (FDNB) dirigées par le président Évariste Ndayishimiye, qui assure actuellement la présidence de l’Union africaine. L’organisation évoque également des informations crédibles indiquant que certains drones seraient lancés depuis Bujumbura, ce qui soulève de sérieuses inquiétudes quant à une implication transfrontalière et à une escalade du conflit.
Toujours dans ce message publié sur Twitter, Mahoro Peace Association dresse un constat alarmant de la situation sur le terrain, évoquant une série d’attaques meurtrières ayant touché plusieurs localités ces derniers jours. Le 22 mars, des drones ont bombardé Gakenke en visant notamment la résidence du chef Rutaganda. La veille, plusieurs villages avaient déjà été frappés à répétition. Le 20 mars, des attaques ont visé Kalingi, Karongi, Bidegu, Sinaï ainsi que l’aérodrome de Kiziba, causant la mort d’un enfant de 14 ans, blessant plusieurs civils et détruisant du bétail.
Depuis le 18 mars, les frappes se poursuivent sans interruption, de jour comme de nuit. L’organisation affirme que des bergers, des agriculteurs et des civils occupés à chercher du bois de chauffage sont pris pour cibles, laissant entendre que tout mouvement est considéré comme suspect. Elle souligne également que des lieux de culte ont été touchés et que les populations vivent désormais dans une peur constante, tandis que leurs moyens de subsistance sont progressivement détruits.
Dans un contexte déjà marqué par une intensification des combats dans l’est du pays, notamment dans le territoire de Masisi où des frappes de drones et des affrontements au sol ont été signalés ces derniers jours , la situation à Minembwe illustre une aggravation inquiétante de la crise sécuritaire.
Mahoro Peace Association insiste sur le fait qu’il ne s’agit pas de simples dommages collatéraux mais d’une stratégie ciblée contre les civils. L’organisation estime que le président burundais Évariste Ndayishimiye, en tant que chef des forces impliquées et président en exercice de l’Union africaine, ne peut se soustraire à sa responsabilité dans ces événements.
Elle déplore par ailleurs le silence de la communauté internationale face à ces violences et appelle à une réaction urgente pour mettre fin aux frappes, protéger les populations civiles et établir les responsabilités. Selon elle, la crédibilité même des discours sur la paix et l’unité en Afrique est mise à l’épreuve par de tels actes.





